Le café et l’horodateur

Je ne suis pas censé alimenter ce blog un mercredi aux alentours de midi quinze, alors que je suis blindé de boulot. Mais je procrastine depuis mon retour de ville : une course expresse pour porter un vêtement à réparer à un atelier de couture. Celui-ci est situé dans une petite rue où se trouve un petit hôtel, souvenir d’étreintes amoureuses. Ayant acheté trois quarts d’heure à l’horodateur, j’eus le temps de prendre un café au comptoir de ce bar qui fut un point de passage quasi quotidien il y a vingt-cinq ans pour un garçon solitaire et dont la terrasse accueillit les baisers ardents et les silences inquiets d’un couple exalté. Ceux du duo qui fréquenta à deux ou trois reprises un petit hôtel posé à quelques mètres d’un atelier de couture.

Cet arrêt au café fut nécessaire. Mes sorties sont devenues plus rares depuis que l’on sollicite moins le volet formations de mon activité professionnelle.

Il s’est mis à pleuvoir quand j’en suis sorti. J’y suis resté à peine un quart d’heure. Il me fallait rejoindre la voiture avant la fin du délai accordé par l’horodateur. Certes, je n’étais pas à cinq minutes près. Mais je me méfie, ici les agents ont la contravention facile. Il se trouve qu’un binôme en uniforme était là lorsque je retrouvai mon véhicule.

La radio diffuse son bruit de fond. Je l’ai allumée dès que j’ai mis les pieds dans l’appartement. J’ai lancé le Dell et une machine à laver. Depuis je n’ai rien produit d’autre que cette nouvelle entrée dans le journal.

L’expresso me reste sur l’estomac. Il est donc temps que je mange.

Tout ça ne fera pas avancer le schmilblick

Je viens de jeter un œil rapide aux statistiques de ce blog. Elles sont faméliques. Mais ai-je vraiment envie qu’on me lise ? A l’époque de 20six* – c’était bien avant l’avènement de Facebook – les choses se mettaient en place sans trop d’effort. Aujourd’hui pour promouvoir ce contenu – je parle comme le community manager que je suis parfois – il faudrait, entre autres, que j’ouvre et administre une page Facebook dédiée. J’ai fait tout ça jadis. Avant de me raviser. Avais-je vraiment envie que tous mes amis et contacts sachent que souvent je fais sous moi ?

Facebook a presque tué le truc. Et la vie merdeuse aussi. Quand on ne débite pas grand-chose de son tronçon d’existence, il n’y a pas grand-chose à raconter.  Je n’ai pas le talent pour déplier ma routine à l’écrit, je ne suis pas assez observateur pour décrire les petits mouvements quotidiens de mes contemporains…

Je pourrais raconter que j’ai fait une panouille pour un documentaire autour d’un de mes amis musiciens. Que c’était amusant à vivre. Que je me suis surpris à aimer l’exercice, alors que je ne supporte ni ma gueule, ni ma vile carcasse, ni même ma voix…

Non, ça n’a aucun intérêt.

Par contre, j’attends avec impatience le triple live que Sophia s’apprête à sortir.

Tout ça ne fait pas avancer le schmilblick…

Les jours raccourcissent, l’automne est là et ça me réjouit.

If only

*Les posts de 2005, 2006… furent publiés sur cette plateforme.

September is coming

Dis l’été, arrête de faire ton caquet, tu le sais que tu as joué au con tout le mois d’août. Perso, ça ne m’a pas gêné, j’aime les journées éteintes, l’eau qui vient mourir en perles sur ma baie vitrées, les cieux bas du front, l’illusion d’un improbable refroidissement climatique, et cetera et cetera. Ne fais pas ton malin pour faire marrer les marins, ne fais pas ton Jupiter en maquillant outrageusement tes manquements, c’est trop tard, c’est plié, september is coming, avec ses premiers frimas, ses feuillus qui se déplument, sa rentrée effrénée pleine de backpacks surchargés de cahiers à spirales et de stylos quatre couleurs, son Hanouna cultivant un effroyable jardin peuplés de fanzouzes ostracisateurs, sa promesse d’un nouvel album de Moztaki, et cetera et cetera. T’es mort, l’été. Ce n’est pas la peine de darder à nouveau tes rayons sur ma peau de quinqua cacochyme, je te tourne le dos pour de bon et m’en vais étreindre de chimériques neiges éternelles.