J’ai un coup de barre. [Raymond, le chien de PlusViteQueLaMusique]

Cunégonde s’était quand même fait la malle habile. Et moi je me faisais de la bile pour mon flageolet. Cunégonde, mon étui pénien, reviens. Je poétisais comme un obsédé de la couette. Alors que dehors une nuit qui s’annonçait sans fin dégringolait sur un jour presque défunt. Je poétisais encore, un œil vitreux sur la tire. Et le cœur plié par le doute. Elle était là, juste en bas, dans la caisse à savon de mon vieux pote Little Screw. Ma nouvelle source d’emmerdes. Je me gratouillais le lobe temporal droit avec pince sans rire monseigneur. C’était avec cet outil pas commun que j’allais démonter ma moitié pas commune mais trop impudente qui s’était tirée il y a une plombe. Et pis pourquoi je continue à la peler avec ce prénom ridicule et un tantinet suranné ? Cet alias improbable pour aller à la pèche au mâle sur l’insondable et infinie toile électronique. C’est avec ce blaze infamant – eu égard à sa grande beauté chevaline – qu’elle a mis le grappin sur le pauvre hère qui vous sert cette histoire hirsute. Mais je m’égare. Little Screw m’intima à nouveau de ramener mes fesses jusqu’à lui.
Que faisaient Lucia et Angus à cet instant tanné par l’incrédulité. Avaient-ils leur place dans ce récit en pièces ? Peut-être étaient-ils en train de gober des petits ovoïdes à la coque. Le mobile grésilla à nouveau. Et Manu, tu descends, hurla Little Screw. Mon blase c’est Loulou, Ducon, précisai-je un peu à cran. Manu c’est ma griffe de blogeur infâme sur Vingt Chiche, crus-je bon de préciser. Magne-toi, la petite, elle a la peau qui craquelle, reprit de justesse mon acolyte vendu.
Je pris une écharpe et enfila un jean sur mon calcif Gérard Klein. En passant devant la baie vitrée je vis que mon regard de braise avait du plomb dans l’œil. Dédaigneusement je fis la moue et lissai ma raie. J’avais le cheveu lourd trop gonflé de gel. J’ouvris la porte à serrure trois points virgule. A ce moment-là, la mère Michelle qui avait encore perdu son chat pointa le bout de son nez aquilin. Zorra s’est encore barré, socialisai-je. Voui, mais là c’est de ma faute, sourit-elle dépitée. C’est à cause que je lui ai acheté quatre balles en mousse, rajouta-t-elle. Et je n’ai plus de nouvelles d’elle depuis j’ai enlevé la queue des fraises et que j’ai tranché fin du concombre, siffla-t-elle. Z’avez essayé d’agiter la boite à croquettes, demandai-je. Bah non, elle en mange pas, chuis contre, avoua-t-elle honteuse. Z’avez tord, elle chierait plus sec, surenchéris-je. Puis, je la laissai à son triste sort en lâchant un modeste sourire compatissant. Je descendis les deux étages qui me séparaient d’une rencontre du troisième type. Alors que j’actionnai le loquet de la porte cochère, deux coups de feu crépitèrent… [à suivre]

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.