Sur la membrane basale de nos épidermes

Nous cherchions les canards. Aux abords du canal avant de s’assoir sur l’herbe, avant l’averse, celle qui nous obligea à nous carapater sous le pont, avant notre jeu de rôle, si drôle, avec ce dialogue délicieusement absurde, pupilles contre pupilles. Les canards étaient bien là, que des femelles as-tu précisé. Nous étions les acteurs malicieux d’un film mal écrit, mal dirigé, mal digéré quoi. Nos culs chatouillant des graminées. Cette légèreté nous a tant fait défaut ces deux derniers mois.

Tu m’attendais à l’heure et à l’endroit prévus. Robe blanche sur peau dorée au Grand Flambeau et une petite hauteur de talons compensés. C’était deux jours avant l’herbe mouillée et l’envol des colverts. Je m’étais glissé derrière tes épaules avec la discrétion d’un troupeaux de buffles au galop.

Nous avons remonté la rue. Et nous savions déjà que le temps passé à nous démolir n’aurait pas de prise sur la membrane basale de nos épidermes. Avant même la chambre d’hôtel et sa tête de lit en rotin.

Nous jouâmes alors sous le flash d’un appareil photo avec la légèreté qui nous manqua tellement derrière nos machines. Et comme à chaque fois, rien de ce qu’il advenait au monde ne nous parvenait.

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