Je me penche vers la gauche

J’ai froid. J’ai pleuré de rage. La nuit venait de tomber. C’était hier. Aujourd’hui j’ai eu tout aussi froid. Il a plu, puis neigé. Je suis au même endroit. Je vis dans 10m², j’en loue 50. Parfois je penche vers la gauche quand le jour s’affaisse et je regarde les voitures empruntant la boucle. De ma table je vois dehors, à condition bien sûr de me pencher vers la gauche. Cette paire de phares pourrait être la sienne. Ce n’est pas sa voiture à l’instant, la sienne ne cligne jamais de l’œil. Je me penche vers la gauche, mais c’est un réflexe idiot. Non pas idiot, juste inutile. Elle ne vient pas. Elle ne viendra plus. Je l’attends mais elle ne viendra plus. C’est comme ça. C’est invivable, mais c’est comme ça. Demain ce sera pareil, je me pencherai vers la gauche et je suivrai quelques paires de phares empruntant la boucle. Parce que je vis aux abords d’une boucle où passent des dizaines de paires de phares que j’observe de ma cuisine quand les merles se confondent avec la nuit.

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