Les filets de l’éternité

Les lunes passent et je n’écris pas. Je me souviens de dimanches estivaux où à cette heure-ci, il est un peu plus de dix-neuf heures, j’arrivais à me pencher sur ce rectangle blanc et digital pour y ouvrir une parenthèse lexicale. Mais où en suis-je avec l’écriture ? Au flirt à peine poussé. Elle et moi on est bien trop maladroit pour aller eu-delà, nous savons si mal nous approcher. Combien de fois nous sommes nous cognés le front alors que nous avions mis tous nos efforts dans la rencontre de nos bouches herbues ? Pourtant le vert du verbe me pousse sous les doigts. Pourtant, à mes heures pleines, j’assume une fonction de polygraphe.

Ici plus rien ne se passe. Je me contente en mon fort intérieur de maugréer contre la vie cette garce qui fait fi de notre mortalité. Nous n’avons pas le temps de trainer en chemin, même pour y sentir la noisette. On croit, dans un baiser, que l’on se prend dans les filets de l’éternité. C’est vrai, mais à la condition de ne pas vivre un temps fou à regarder passer les cormorans.

Pig Food par The Middle East

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