le vide abyssal

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…des restes de cette vie…

Je bois un peu. Cette nuit, à une heure trente du matin, j’ai essayé. Je n’y suis pas parvenu, malgré Prahanien de Pg.lost, malgré tout l’album finalement. La télévision était ouverte sur la tragédie d’un tunnel.

A cette instant le chanteur dit que c’est au pied des rivières que la vie a bougé. J’use ce disque sans arriver à écrire par-dessus. Cette nuit, ma laideur – reflétée dans le miroir d’une salle à peine refaite – fut le sujet de ma tentative. J’abuse d’un disque qui ne me donne aucun mot.

Il a plu toute la journée. Au fond ça me va. Au moins lui, le ciel, me laisse un peu de répit. Écrire est devenu… Quelle prétention que cet écrire que j’emploie connement, alors que je ne fais rien d’autre que baver une existence atone.

Je me souviens du temps jadis de la légéreté. De nos corps emboités pour l’éternité.

Je ne m’accommode pas des restes de cette vie.

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Loin sur les sentiers*

Je voulais écrire quelques lignes en remontant du dehors. Elles sont venues à moi alors que je grimpais un escalier quatre à quatre. Puis elles ont fichu le camp. Je n’arrive plus vraiment à écrire. Comme je n’arrive plus à aérer mon appartement. J’ai senti le dehors cinq minutes. Le temps d’un aller retour au container de récupération du verre. Le dehors sentait l’automne et je voudrais sentir l’automne tout au long de l’année. Je voudrais vivre dans un monde débarrassé de l’été. En humant ce parfum d’octobre, j’ai eu envie d’aller ramasser des mousserons sur les collines de La Crégut. Pourtant les vacances dans le Cantal ça ressemblait à l’ennui. Je me suis souvenu des champignons saisis sous le crachin, des près bombés et perclus de bouses de vache, des fougères, de cette première langue donnée à la sœur d’un garçon qui rêvait de conduire des trains, de la pêche aux vairons, du camping à la ferme, de ces longues journées que les adultes remplissaient de parties de pêches, de pétanques, d’apéritifs et de barbecues. J’ai pensé à cet été de 1982, à la mouche gobée pendant une partie de foot, à la disparition de Patrick Dewaere et au centre en retrait de Didier Six pour Alain Giresse. Je ne sais pas pourquoi cette bouffée du passé est remontée à la surface alors que je rejoignais les profondeurs de mes pénates.

Alors que je conchie l’été (sauf quand il est plein d’eau) et les sacs de couchage.

*Jean-Louis Murat – Terres de France

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Dominique A à la Gaîté Lyrique

Ce post s’auto-détruira dans cent quatre vingt deux jours. Soit la durée de vie digitale de ce très beau concert de Dominique A à la Gaîté Lyrique.

Résumé : il y a des instruments à vent, il y aura des instruments après.

 

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Nu dans la crevasse…

Je reviens au journal en morceaux à défaut de pouvoir foutre mon nez sous une aisselle amoureuse. Je suis dans le vide perdu vers les cimes sur l’autre versant. Je passe ma nuit au tamis Muratien. A une époque je l’écoutais comme on trempe son pain azyme dans le vin de messe.

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