C’est un grand terrain de nulle part*

Deezer bride aussi. Cinq heures de musiques par mois, alors que j’y passais tout mon temps, ne supportant pas les compteurs j’avais déjà renoncé à Spotify. Je comprends malgré tout que la compagnie se cherche un modèle viable en incitant les types comme moi à passer à la caisse. La musique n’est pas gratuite, mais j’en écoute toujours autant sans en acheter. Je me contentais depuis quelques mois de l’offre gratuite et légale, délaissant les nouveautés leakées. Je me suis installé dans le living, c’est mieux comme ça, j’y laisse entrer la nuit et une légère brise qui vient lécher mes jambes. Je suis presque à poil, mais à cette heure-ci il n’y a pas de vis-à-vis et j’ai coupé la lumière. Cela me fait drôle de réintégrer le salon pour écrire, ce blog et tous les autres y sont nés. Je n’écrivais pas avant, pas depuis quelques tentatives adolescentes, il s’agissait de quelques poèmes, l’un d’eux s’appelait la salamandre. Une belle petite merde que je ne saurais restituer ici. Je suis donc dans ce salon comme au temps jadis où je me postais derrière ma machine pour tenter de dire deux ou trois choses sur le pourquoi du comment de mon existence. En général je me prenais au truc les fin d’après-midi en semaine ou les dimanches, à cette époque je me sentais moins merdeux et j’arrivais à me contenter de deux ou trois lignes. Aujourd’hui j’ai un peu d’ambition, donc je gâche, je jette même après avoir publié, alors que je pourrais pousser en produisant par-dessus. Bref, je perds mon temps à essayer de croire que j’en suis, alors que je n’ai pas une once de savoir-faire ! Non, il ne servirait à rien de me flatter, d’autant que je me regarde assez la cicatrice comme ça. Mine de rien, l’exercice est idéal pour vanter l’incommensurable vacuité de sa propre condition. Heureusement que j’écris en douce et que le lecteur est aussi rare que les ragondins albinos en bord de Loire. (…)

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