I’ve forgotten all of young love’s joy

Quelque part. Je remets mon Beretta 92 dans mon holster. Je l’appelle Francis. Mon holster. Évidemment ça ne fait marrer que moi. Puisque je suis seul dans ce quelque part. Je viens de vider mon chargeur. Le type qui en a réceptionné l’intégralité du contenu est quelque part lui aussi. Plus précisément là-bas sur le trottoir. Il ne respire plus. Dans le journal je lisais qu’Amy Winehouse respirait à peine mieux. Je n’aime pas vraiment Amy Winehouse. Je la trouve trop maigre. Trop pleine de cheveux et trop pleine de seins. Lui ne respire plus. Je l’ai à peine vu. Je devais juste le sortir du monde. Quinze balles de neuf millimètres. Il fallait que cela ne soit pas trop propre. Avec un vieux Beretta volé à des gendarmes. Trop de seins et des poumons comme des parachutes en torche. You should be stronger than me.

J’ai commencé à tuer il y cinq ans. Parce qu’il fallait bien manger. Et que je venais de perdre ce qui remplissait ma gamelle. Les usines se déplacent. Je l’apprenais un matin de septembre. Early in the morning factory whistle blows. Mais pas ce matin-là, Bruce. Je n’ai pas fait long feu. J’ai serré quelques mains. Mis mes fringues sales dans un sac poubelle et je suis rentré. L’appartement était vide.

Men walk through these gates with death in their eyes. Mes anciens camarades en bleu de chauffe devaient avoir la mort dans l’âme. J’y pensais malgré tout alors que j’ouvrais un sachet de thé. Comme j’y pense à nouveau en rangeant le Beretta dans sa poche. Lui n’était plus rien. Amy n’irait peut-être pas à Glastonbury… (à suivre)

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