blogrenaître dans un panache cendré

Je me blogsuicide tous les deux jours maintenant, ça doit épuiser les plus ardents de mes lecteurs, bien sûr que je crois en avoir des lecteurs du genre, des qui me lisent inconditionnellement, des qui me feraient la peau – comme l’Annie Wilkes fait la peau à Sheldon parce qu’il a condamné sa Misery Chastain – si je rectifiais pour toujours mon journal des vanités, des à qui je manque lors de ces abandons successifs, des qui me verrait même un certain talent et le souffle nécessaire à la conduite d’un roman, j’espère en avoir juste assez pour me chatouiller l’ombilic, parce que sans cela je m’en cognerais presque si je n’avais mes cannes blanches pour me pousser au cul vers la poussière, précisons que si j’ai le cuir opalescent c’est parce que je fonce peu sous le poil vu que j’en oublie de sortir, pas seulement à cause que je me refuse à exposer ma peau desquamante à l’été prématuré, mais aussi parce que j’en ai pas le cœur ni le goût ni l’envie ni le désir ni la volonté ni le besoin (il n’y a pas de mention inutile), ce fut le cas le weekend dernier où je vécu en filtrant les appels et les jours au travers des interstices d’un rideau en pvc, c’est infernal quoi ces blogsuicides en série je t’aime série je te kiffe et ces longues stations du soleil au-dessus de cette morne plaine qui rajoutent à l’étouffement, je voudrais le Seattle pluvieux de The Killing et croiser l’indolence inquiète de la blonde Sarah Linden, je pérégrine et m’éloigne du sujet mais c’est pour mieux blogrenaître dans un panache cendré.

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