Je me cherchais un titre pour nommer une rubrique de feignasse qui me permettrait de poster de la musique sans faire de phrases. J’emprunte donc à Jóhann Jóhannsson, un musicien islandais qui produit de beaux disques pour grands espaces intimes.
J’espère que ça ira. Pour la nuit c’est sûr, pour le jour, je ne sais pas.
Ce morceau, avec ces images, est quand même über envoutant…
Je regrette vraiment jadis, oh un jadis pas si lointain que ça, un jadis où bloguer avait une raison d’être : se lâcher au sujet de soi et de son quotidien, émettre quelques avis, balancer quelques indignations, la même chose qu’aujourd’hui en fait, mais sous le regard généralement bienveillant et amical de quelques lecteurs qui passaient dans les environs en laissant parfois une trace, un parfois plus souvent qu’aujourd’hui, mais aujourd’hui, tu t’en rends bien compte, c’est comme une rivière toute sèche. Écrire maintenant sur ce grand terrain de nulle part c’est comme placer une bicoque en Légo dans l’oeil mauvais d’une Bejisa destructrice. Ou gueuler entre les pentes érodées d’un canyon. Jadis je m’épanchais plus joyeux sur un blog tout bleu, la plateforme s’appelait 20six, un jour elle migra, puis se cassa en partie lors du transfert, alors beaucoup la quittèrent, certains même renoncèrent au blogging dans la foulée, d’autres filèrent ailleurs, j’en fus. Là encore, cela avait un sens, puisque les lecteurs – ce grand mot tout de même pour un journal extime à l’envergure d’un zunzuncito – puisque ces âmes vagabondes suivirent le fil ténu de mes pérégrinations malgré le déménagement… Jusqu’au jour où l’on n’écrit plus que pour soi.
Ce soir ce dimanche je regrette ce jadis qui avait des allures d’année 2006.