Du sable sous les paupières*

Tout mou sous le scalp. Tout moite sous les poils. Tout nu sous la couenne. Je divague dans le flat où flotte comme une absence. Mon moustachu n’est pas là. Ce chat ingrat qui me fait des nuits allégées. Je me suis mis dehors maintenant, au moment de moudre le grain pour cette page. L’air encore chaud pèse sur mes épaules au rabais. J’arpente le champ des possibles. Tout est possible. Tu es libre. Trop peut-être. Justement ce champ. Je n’y vois qu’une étendue de sable. Un désert. Toi, tu y vois un sol riche, un tapis d’humus. Le socle d’une belle terre fertile. Les moustiques ont décidé de me faire la peau. Ils se disputent ma carcasse alors que je respire encore. Les grands singes disparaissent mais pas les maringouins. Bon, comme je bredouille. Je plie les gaules.

Laissez venir, laissez passer Ceux dont l’amour s’est renversé*.

(Gérard Manset, La Vallée de la paix)

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