Tout ça ne fera pas avancer le schmilblick

Je viens de jeter un œil rapide aux statistiques de ce blog. Elles sont faméliques. Mais ai-je vraiment envie qu’on me lise ? A l’époque de 20six* – c’était bien avant l’avènement de Facebook – les choses se mettaient en place sans trop d’effort. Aujourd’hui pour promouvoir ce contenu – je parle comme le community manager que je suis parfois – il faudrait, entre autres, que j’ouvre et administre une page Facebook dédiée. J’ai fait tout ça jadis. Avant de me raviser. Avais-je vraiment envie que tous mes amis et contacts sachent que souvent je fais sous moi ?

Facebook a presque tué le truc. Et la vie merdeuse aussi. Quand on ne débite pas grand-chose de son tronçon d’existence, il n’y a pas grand-chose à raconter.  Je n’ai pas le talent pour déplier ma routine à l’écrit, je ne suis pas assez observateur pour décrire les petits mouvements quotidiens de mes contemporains…

Je pourrais raconter que j’ai fait une panouille pour un documentaire autour d’un de mes amis musiciens. Que c’était amusant à vivre. Que je me suis surpris à aimer l’exercice, alors que je ne supporte ni ma gueule, ni ma vile carcasse, ni même ma voix…

Non, ça n’a aucun intérêt.

Par contre, j’attends avec impatience le triple live que Sophia s’apprête à sortir.

Tout ça ne fait pas avancer le schmilblick…

Les jours raccourcissent, l’automne est là et ça me réjouit.

If only

*Les posts de 2005, 2006… furent publiés sur cette plateforme.

September is coming

Dis l’été, arrête de faire ton caquet, tu le sais que tu as joué au con tout le mois d’août. Perso, ça ne m’a pas gêné, j’aime les journées éteintes, l’eau qui vient mourir en perles sur ma baie vitrées, les cieux bas du front, l’illusion d’un improbable refroidissement climatique, et cetera et cetera. Ne fais pas ton malin pour faire marrer les marins, ne fais pas ton Jupiter en maquillant outrageusement tes manquements, c’est trop tard, c’est plié, september is coming, avec ses premiers frimas, ses feuillus qui se déplument, sa rentrée effrénée pleine de backpacks surchargés de cahiers à spirales et de stylos quatre couleurs, son Hanouna cultivant un effroyable jardin peuplés de fanzouzes ostracisateurs, sa promesse d’un nouvel album de Moztaki, et cetera et cetera. T’es mort, l’été. Ce n’est pas la peine de darder à nouveau tes rayons sur ma peau de quinqua cacochyme, je te tourne le dos pour de bon et m’en vais étreindre de chimériques neiges éternelles.

Rituels

Chaque nuit au moment d’éteindre la lumière, je constate le même gâchis. Et pourtant chaque matin tardif je remets ça. Une vie qui fait peine à voir de l’intérieur, mais que l’on distingue mal de l’extérieur. Je ne mesure pas le temps que me prennent mes rituels. Mine de rien ils rythment mes journées, mes semaines. Chaque samedi soir je mange la même pizza, la marque, la composition changera au bout de six mois un an deux ans. Chaque dimanche soir je dîne du même menu (pas une pizza), en variant un ingrédient de temps à autre, devant le même journal télévisé. Chaque lundi midi et chaque lundi soir sont aussi ritualisés. Des rituels domestiques qui s’estompent, voire disparaissent quand je suis hors de chez moi. Il me faut désormais quinze, vingt minutes avant de me coucher. Mon circuit au supermarché est toujours le même. Il peut m’arriver de le reprendre si j’ai été contraint de le modifier en cours de route (un chariot qui bloque l’allée, l’oubli d’un produit). Évidemment je vérifie avant de partir de chez moi. Notamment tout ce qui se ferme. Et je compte aussi. J’ai enfilé toute la panoplie du parfait toqué. Un costume qui s’épaissit avec le temps. Le temps d’une vie à l’abandon, rongé par la solitude.

Toa Heftiba